maxresdefault
Affiche de l’exposition – Athlète juive – Photo de 1938.

Le samedi 26 novembre 2016, quelques membres de l’APHG ont pu assister à la visite singulière organisée par le CHRD autour de l’exposition temporaire Le Sport Européen à l’Epreuve du Nazisme (jusqu’au 29 janvier 2017). La visite était dirigée par Patrick Clastres, commissaire scientifique de l’exposition, professeur d’histoire du sport à l’Université de Lausanne, directeur du Centre d’études olympiques et de la globalisation du sport, qui nous a offert un très riche panorama de l’exposition et de l’histoire des Jeux Olympiques et des pratiques sportives durant la période du nazisme, mais aussi au-delà.

L’exposition se déroule en deux temps. Le premier moment, au rez-de-chaussée du CHRD, mène le visiteur dans l’histoire du sport face au fascisme, au nazisme ainsi que dans les milieux juifs soumis à la pression du nazisme. L’exposition montre que les clivages et les interdictions faites aux Juifs que nous pouvons avoir en tête sont beaucoup plus flous quand il s’agit de sport – en témoigne l’affiche de l’exposition qui représente une athlète juive en Allemagne en 1938. Cette partie de l’exposition repose sur une série de panneaux en français et en anglais, accompagnés d’objets de ces sportifs ou des régimes qui les voulaient à leur image. Elle nous plonge aussi dans le temps long, de la vision fasciste et mussolinienne du sport à celle des nazis, notamment aux Jeux Olympiques de 1936, avec toute la mise en scène du régime. Elle montre aussi la conception du corps et de la force juive, mais aussi la manière dont les athlètes juifs ont subi des répressions et des sorts cruels du fait de leur statut d’athlète. Enfin, l’exposition nous conduit aux Jeux Olympiques de Londres en 1948, jeux organisés dans le contexte de la sortie de guerre. Toute cette partie très scientifique explique aussi les ambigüités du Comité International Olympique. Les panneaux sont riches mais assez petits ce qui peut rendre difficile leur appréhension par des élèves sans la présence d’un médiateur.

Le deuxième temps de l’exposition fonctionne selon des itinéraires de sportifs et leur persécution par le régime nazi, qu’ils aient vécu en Allemagne ou non. Cette partie au sous-sol du CHRD peut être extrêmement riche à exploiter avec des élèves, en complément des quelques panneaux de l’étage précédent autour de quelques sportifs lyonnais.

Une belle visite autour d’une exposition d’une grande richesse.

 

Audrey Ferlut (bureau de l’APHG-Lyon)